Sympetrum meridionale
Sympetrum meridionale (Selys, 1841) : le sympetrum meridional
Malgré son nom, cette espèce peut être rencontrée du nord au sud de la France. Elle est toutefois très localisée dans un grand sud-ouest, et au nord du bassin de la Loire.
Le mâle est reconnaissable à la quasi absence de noir dans sa coloration. le dessus de l'abdomen est uniformément rouge, les flancs du thorax sont brun clair sans noir sur les sutures, et les pattes sont également claires. Ces critères se retrouvent également sur la femelle.
Autre indice (mais qui n'est pas du tout un critère d'identification absolu), cette espèce est fréquement parasitée par des acariens qui sucent la lymphe au niveau des nervures des ailes, et qui prennent la forme de petites boules rouges.
C'est une espèce pionnière et erratique, dont les populations peuvet être très variables. Ainsi je l'ai vu apparaître sur des étangs de pêche qui ont mis 2 ans à se remplir après une vidange. Pendant l'été durant lequel le niveau de l'eau est resté bas avec une végétation abondante, j'ai pu assister à l'émergence de dizaines d'individus, alors que je ne l'y avais jamais rencontrée auparavant. Je ne l'ai pas revue après que les étangs ont été remis complètement en eau. De même, je l'ai rencontrée pour la première fois sur le littoral du sud breton, dans des milieux où le niveau de l'eau est variable.
Sympetrum vulgatum
Sympetrum vulgatum (Linnaeus, 1758) : le sympetrum commun
Voici encore une espèce dont l'épithète est trompeur. En effet ce Sympetrum est loin d'être le plus abondant du genre, en tout cas sous nos latitudes. Plus au nord, il est plus abondant. S. sanguineum et striolatum sont beaucoup plus largement répandus chez nous.
S. vulgatum ressemble beaucoup au dernier cité et il peut aisément passer inaperçu parmi ses populations. Les deux espèces ont la même taille, et la même silhouette avec l'abdomen du mâle rouge à marques noires réduites et d'une épaisseur à peu près constante. S. v se distingue par les flancs du thorax moins colorés, sans bandes rougeâtre et jaunes contrastées. De face, on pourra observer la jonction entre l'oeil et le front, avec une marque noire qui descend le long de l'oeil comme une larme. De profil, la lame vulvaire de la femelle est saillante, perpendiculaire à l'abdomen.
Notre pays accueille la sous-espèce type vulgatum, sauf ponctuellement dans les Pyrénées Orientales où on peut trouver la ssp. ibericum plus petite et claire, avec des marques noires réduites.
S. vulgatum fréquente les eaux stagnantes, de préférence peu profondes et riches en végétation. Il est présent partout sauf dans le sud-ouest, l'extrême sud-est, et une partie du Nord-ouest (Bretagne et Normandie).
Sympetrum striolatum
Sympetrum striolatum (Charpentier, 1840) : le sympetrum strié
C'est le Sympetrum le plus largement répandu, omniprésent sur les eaux stagnantes et faiblement courantes, de la plaine jusqu'en moyenne altitude. Comme chez beaucoup d'autres espèces, après l'émergence les immatures s'éloignent de l'eau le temps d'atteindre leur maturité, et on peut en rencontrer le long des haies et des lisières bien exposées y compris très loin de tout point d'eau.
Ce Sympetrum ressemble fortement à d'autres espèces du genre ( S. sanguineum, meridionale et surtout vulgatum ), et il faudra être attentif à la combinaison de certains éléments si les conditions d'observation ou l'angle de vue d'une photo ne sont pas optimales :
- pattes noires striées de jaune ;
- à maturité, côté du thorax alternant 2 bandes verticales jaunes qui encadrent une rougeâtre, sutures soulignées de noir ;
- à l'avant de la tête, le "front" n'est pas rouge vif ; il est souligné d'un trait noir en haut, qui ne se prolonge pas en "larme" le long des yeux ;
- le mâle a un abdomen rouge dessus, tirant sur l'orange sur les côtés, légèrement élargi en fuseau à l'extrémité, avec 2 points noirs sur le dessus des derniers segments ;
- de profil, la femelle a une lame vulvaire peu distincte (très visible chez S. vulgatum), et il y a un petit trait noir horizontal qui souligne l'avant de chaque segment.
Comme chez les autres espèces, il existe des femelles androchromes qui ont un abdomen largement teinté de rouge sur le dessus à maturité.
C'est plutôt une espèce tardive, qui émerge vers le mois de juin. Dans les régions au climat doux on peut l'observer jusqu'en décembre, il est même possible que certains individus passent l'hiver en région méditerranéenne.
Sympetrum fonscolombii
Sympetrum fonscolombii (Selys, 1840) : sympetrum de Fonscolombe, sympetrum à nervures rouges
Cette espèce est d'affinité méridionale ; elle est très commune en région méditerranéenne, présente dans la moitié sud du pays, et progressivement plus rare vers le nord, où ses populations fluctuent en fonction de migrations de début d'été à partir des populations établies au sud. Cette adaptation se retrouve aussi dans le cycle de vie. Alors que chez les autres espèces du genre les oeufs passent l'hiver pour éclore au printemps suivant, chez S. fonscolombii il n'y a pas de diapause et la larve débute son développement dès après la ponte. Ceci lui permet d'émerger dès le début de saison, d'occuper les biotopes les plus favorables et de gagner vers le nord alors que les autres Sympetrum émergent juste. Les années suivant ces "invasions", des populations plus ou moins pérennes peuvent s'établir là où l'espèce était inconnue.
Au-delà de sa biologie particulière et de son comportement plus vif, S. fonscolombii est assez facile à identifier. Le mâle se caractérise par ses ailes qui portent une tache ambrée à la base, plus développée aux postérieures, et surtout des nervures teintées de rouge dans la moitié basale. Chez la femelle, les nervures restent jaunes. Chez les deux sexes les yeux ont une moitié basale bleue caractéristique (attention toutefois à ne pas confondre avec Crocothemis erythraea), et les immatures sont d'un jaune franc.
Cette espèce habite une grande variété d'eaux calmes o stagnantes. On peut la rencontrer loin de tout point d'eau. Je la croise régulièrement lors de mes pérégrinations dans le midi, mais j'ai eu aussi la surpise de la renconrer en Meuse et dans les Vosges.
Sympetrum flaveolum
Sympetrum flaveolum (Linnaeus, 1758) : le sympetrum à ailes jaunes
Voici un Sympetrum facile à identifier, grâce à la base de ses ailes qui porte une grande tâche jaune translucide, autant chez le mâle que chez la femelle. Hormis ce critère, il n'a pas de caractère distinctif marqué. Le mâle est classiquement rouge, avec un thorax aux côtés bruns. La femelle est brune, vue de profil son abdomen est marqué de deux lignes noires longitudinales. Les pattes sont striées de jaune.
C'est une espèce régulière en altitude sur les lacs et étangs, dans les Alpes, le Jura, le massif Central et plus ponctuellement les Vosges et les Pyrénées. A plus basse altitude, elle est présente dans les Ardennes. Ailleurs en plaine, elle est sporadique et instable. Ses populations peuvent varier, et on assiste alors à des "invasions" d'individus erratiques.
J'ai eu le plaisir de rencontrer cette espèce dans ses milieux typiques, sur des lacs de montagne en Auvergne et dans les Pyrénées aux Bouillouses et sur le versant espagnol.
























